Olga est une chienne setter anglais de 2 ans. Elle présente de la fièvre, et l’analyse de sang révèle une anémie et une thrombopénie modérée, ainsi qu’une monocytose. Elle est en outre ictérique.
La présence d’une anémie, associée à une thrombopénie, à un ictère, à une monocytose, et qui plus est chez un chien pyrétique, sont des signes d’appel pour une babésiose.
Un frottis de sang est réalisé. La première chose qui frappe à faible grossissement est l’aspect très activé, « macrophagique », des monocytes. À fort grossissement, en queue de frottis, on trouve de nombreux microorganismes réfringents dans les globules rouges, mesurant 2-3 µ de diamètre et typiques des grandes babésies, avec parfois de magnifiques organisations en rosette.
Le reste de la biochimie révèle une activité des enzymes hépatiques dans les normes, ce qui conforte la suspicion d’ictère pré-hépatique, lié à une hémolyse. Chez notre chienne, l’anémie est récente, et les réticulocytes n’ont pas encore eu le temps d’augmenter : il faut en effet plusieurs jours pour que la régénération se mette en place, 48-72 h en règle générale.
Il est intéressant de noter qu’une thrombopénie est presque toujours présente en cas de babésiose. Il arrive que ce soit la seule anomalie de l’hémogramme. La thrombopénie précède même parfois l’anémie. Les mécanismes sont encore mal connus, mais une composante multifactorielle incluant notamment des microthrombi, un stockage accru dans la rate et une composante à médiation immune sont suspectés. A contrario, il est exceptionnellement rare d’avoir un chien atteint de babésiose sans thrombopénie.
En savoir plus : A review of canine babesiosis: the European perspective, 2016.



