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Cas clinique · Hémato-Biochimie

Le point sur le FeLV

Quatre formes d'infection, une issue déterminée dans les 12 premières semaines, des tests à interpréter avec nuance : un test FeLV positif au cabinet n'est pas toujours péjoratif.

Grâce à la vaccination, l’incidence du FeLV a beaucoup diminué dans la population féline européenne, et il en est de même de l’incidence du FeLV dans le développement de néoplasmes.

Les conséquences d’une exposition au FeLV dépendent de l’issue du combat entre le virus et le système immunitaire du chat. Côté virus, le type de virus (A, B ou C pour les plus connus), muté ou pas, et la pression d’infection entrent en jeu. Côté animal, le statut vaccinal, immunitaire et l’âge lors de l’infection sont les principaux déterminants.

Quatre formes de FeLV

  • L’infection progressive : la plus susceptible d’être associée à des signes cliniques, où le chat est excrétant, donc contagieux pour ses congénères.
  • L’infection régressive : peut rester de nombreuses années, voire toute la vie de l’animal, silencieuse. Une réactivation est toutefois possible, notamment en cas de chute d’immunité.
  • L’infection abortive : se traduit par l’éradication du virus (environ 10 % des cas). Le seul signe d’infection est la présence d’anticorps circulants.
  • L’infection focale ou atypique : rare, où seuls certains tissus sont infectés.

De manière générale, la manière dont l’infection va évoluer est déterminée au cours des 12 premières semaines.

Une virémie persistante à 12 semaines (détection de p27 par ELISA + IFA) est le critère d’identification d’une infection progressive. Le chat est contagieux. L’excrétion se fait essentiellement par la salive et, dans une plus faible mesure, par le biais des autres excreta (urines, fèces) ou lors de la gestation. Le virus est fragile dans l’environnement, si bien que les infections se font presque exclusivement par contact direct. Ainsi, dès lors que l’hygiène est respectée, une infection entre chats dans des cages séparées lors d’une hospitalisation n’a presque aucune chance de se produire.

Lors d’infection régressive, la virémie peut être transitoire ou ne pas être détectée du tout. L’ELISA ou l’IFA (immunofluorescent antibody assay) pour p27 sont typiquement négatifs ; en revanche, des anticorps circulants peuvent être mis en évidence. Le virus est intégré dans l’ADN des cellules de la moelle osseuse du chat mais ne se réplique pas. Le chat n’est pas contagieux mais peut transmettre le FeLV par le biais d’une transfusion. L’infection régressive n’est que très rarement impliquée dans le développement de processus tumoraux. Elle peut néanmoins parfois être associée à des myélosuppressions, le plus souvent érythroïdes (dans 5,4 % des cas selon une étude). Le diagnostic d’infection régressive au FeLV se base sur l’absence de p27 dans le sang (ELISA et IFA), la présence d’anticorps circulants (sérologie) et une PCR positive sur moelle osseuse.

Ainsi, un unique test FeLV positif au cabinet (ELISA) n’est pas forcément péjoratif pour l’espérance et la qualité de vie de l’animal. L’ELISA pour p27 détecte la présence de virus libre dans le sang, tandis que l’IFA détecte la présence de l’antigène dans les leucocytes : il est donc plus spécifique. Des faux négatifs sont également possibles au cours des 2-3 premières semaines, car le virus ne circule pas encore dans le sang.

Dans un nombre substantiel de cas, la maladie pourra être silencieuse, voire éradiquée. Un second test à 12 semaines, de préférence par IFA, permet de déterminer si l’animal est atteint d’une forme progressive, laquelle a le plus de risques de se traduire par des signes cliniques.

Source : What’s New in Feline Leukemia Virus Infection. Hartmann K, Hofmann-Lehmann R. Vet Clin North Am Small Anim Pract. 2020 Sep;50(5):1013-1036.

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